Travailler avec l’existant

Valoriser le patrimoine, rénover thermiquement, réemployer des matériaux et réaménager pour s’adapter à l’évolution des usages.

Travailler avec l’existant, c’est partir de ce qui est déjà là : ses qualités, ses limites, ses traces et ses usages. Plutôt que d’effacer pour reconstruire, nous cherchons à comprendre ce qui peut être conservé, transformé, révélé ou prolongé.
Cette lecture du site prend en compte les différentes temporalités du lieu, de son histoire à ses usages futurs. Elle permet de construire des projets qui s’inscrivent dans une continuité, tout en assumant ce qui relève de l’intervention contemporaine.

VALORISER LE PATRIMOINE

Dans les projets patrimoniaux, transformer commence par rendre lisible ce qui existe. Nous intervenons avec l’histoire du lieu plutôt que contre elle, en préservant ses traces et en introduisant les nouveaux usages sans chercher à homogénéiser les différentes époques.
Au Museon Arlaten à Arles, l’intervention prend place dans un ensemble monumental constitué de vestiges romains, d’immeubles des XVe au XIXe siècles et d’une chapelle du XVIIe siècle. La muséographie et les aménagements contemporains se superposent à cet héritage sans l’effacer, pour faire du musée un lieu vivant.
Au Musée Breton à Quimper, dans l’ancien palais épiscopal, la restauration et la muséographie font dialoguer des espaces construits entre le XIIIe et le XVIIIe siècle avec de nouveaux dispositifs d’accueil.
À Maillezais et Nieul-sur-l’Autise, le projet s’appuie au contraire sur les ruines, les vides et les parcours pour révéler la présence du lieu.
À Nacéo, aux Sables-d’Olonne, les murs, les vestiges et les traces archéologiques participent directement à l’expérience du projet. Ils structurent les parcours et donnent une épaisseur aux usages contemporains.
La Médiathèque Toussaint à Angers rassemble quant à elle trois écritures architecturales : le patrimoine historique du XVIIe siècle, l’architecture des années 1970 et une extension contemporaine. Le projet conserve leurs différences plutôt que de chercher à les uniformiser.

HISTOIRE DU XXE SIECLE

L’existant ne se limite pas au patrimoine ancien. Les architectures du XXe siècle portent elles aussi une histoire, des usages et des qualités qui peuvent constituer le point de départ d’une transformation.
À la Médiathèque Toussaint, le cube de verre conçu par Philippe Mornet est conservé dans son identité tout en étant adapté aux usages actuels.
À Trempolino à Nantes, un bunker de la Seconde Guerre mondiale devient le socle d’un équipement culturel : sa masse et sa matérialité restent perceptibles tandis qu’une nouvelle organisation verticale vient s’y inscrire.
À NAOW, la transformation d’une tour de bureaux des années 1970 s’appuie également sur les qualités de l’architecture existante. Il ne s’agit pas de repartir d’une page blanche, mais de travailler avec une structure, une façade, des matériaux et une organisation qui peuvent être réinterprétés.

RÉNOVER THERMIQUEMENT

Transformer l’existant suppose aussi de répondre à des enjeux qui n’étaient pas ceux de sa construction. La rénovation énergétique devient alors un levier de transformation architecturale, et non une intervention ajoutée au projet.
Au collège Les Roches à Durtal, la réhabilitation thermique et fonctionnelle s’accompagne d’une évolution de l’architecture et des modes constructifs, notamment grâce au recours au hors-site et aux matériaux biosourcés.
À NAOW, l’amélioration des performances énergétiques accompagne la transformation profonde de la tour et de ses usages.
Aux Tilleuls, la résidentialisation et la valorisation de 87 logements répartis sur trois immeubles associent amélioration du bâti, évolution des espaces extérieurs et qualité d’usage.
Dans ces projets, la rénovation thermique devient ainsi l’occasion de reconsidérer plus largement le fonctionnement et l’image du bâtiment.

RÉEMPLOI

Travailler avec l’existant, c’est aussi considérer le bâtiment comme un gisement de ressources.
À NAOW, les plaques de marbre Verde Viana des façades ouest et sud sont conservées et nettoyées. La façade est, masquée par l’extension, devient un stock de matériaux : ses plaques sont répertoriées, déposées, entreposées sur site puis réutilisées sur les façades conservées, en respectant les motifs existants.
Le réemploi prolonge ainsi l’histoire des matériaux tout en limitant la production de ressources nouvelles.

RÉAMÉNAGER

S’adapter à l’évolution des usages
Un bâtiment peut changer de fonction sans perdre ce qui fait sa valeur. Réaménager consiste alors à révéler de nouvelles possibilités dans une structure existante.
Au Village La Poste à Rennes, la transformation d’un immeuble tertiaire accompagne l’évolution des modes de travail. Les espaces sont reconfigurés pour devenir plus ouverts, traversants et évolutifs, capables d’accueillir des organisations différentes dans le temps.
Réhabiliter ne consiste donc pas seulement à remettre un bâtiment aux normes. C’est aussi lui donner les moyens de continuer à accueillir des usages qui n’étaient pas prévus au moment de sa construction.

UNE CONTINUITÉ EN TRANSFORMATION

Dans tous ces projets, nous ne cherchons pas à effacer les écarts entre les époques, les matériaux ou les systèmes constructifs. Ils constituent au contraire une matière pour le projet.
Rénover, réhabiliter, transformer, c’est prolonger une histoire et rendre possible une nouvelle appropriation. L’architecture devient alors moins un point de départ qu’une continuité en transformation.

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